Toutes les merveilles du monde

Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco (photo Fab.)

Ils n’en dormaient pratiquement plus depuis deux ans, à l’Ecomusée du Bois-du-Luc. La fébrilité avait gagné leurs esprits dès 2010. Mais ils n’ont jamais cessé de croire en leur bonne étoile. Lors de leur première visite, les experts du Conseil international des Monuments et Sites (Icomos) avaient rendu un jugement dithyrambique sur la candidature des quatres sites miniers wallons (Bois-du-Luc, Grand-Hornu, le Bois du Cazier, Blégny-Mine) à l’Unesco, reconnaissant leur valeur universelle exceptionnelle, leur authenticité et leur unicité.
Mais il fallait encore peaufiner la demande et différer l’inscription au Patrimoine mondial de l’Humanité. Bois-du-Luc devait élargir la zone tampon entre le site et les habitations, le Grand-Hornu devait entamer des démarches pour retrouver son caractère originel. Une structure de coordination et de gestion devait être mise en place. Et le dossier devait être représenté au Comité du Patrimoine mondial en juillet 2012.

La fiche 1344 décrit les sites miniers majeurs de Wallonie (Unesco)

Et cette fois, ça y est. On peut être fier de notre patrimoine louviérois et hennuyer. Le site de Bois-du-Luc figure désormais sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco (fiche 1344). Avec, à la clé, une augmentation de la fréquentation de 20 à 25% et une nouvelle signalisation pour permettre aux visiteurs et touristes de s’y rendre. Avant lui, les ascenseurs hydrauliques du Canal du Centre historique ont bénéficié de cet honneur en 1998, nos beffrois en 1999, le Doudou en 2005 et du Carnaval de Binche en 2008).

Jacques Liébin a reçu de nombreux hommages (A. Taminiaux)

Ne boudons pas notre plaisir. Cette décision est une grande nouvelle. Parce qu’elle est la preuve que la région du Centre existe, vit et ne renie ni ses origines, ni son patrimoine industriel, ni sa multiculturalité. Elle est le signe qu’il y a une justice pour ceux qui travaillent pour le bien de la communauté. Elle est le signe d’un amour pour les belles choses. Et surtout, de l’opiniatreté de quelques précurseurs, tels Jacques Liébin et Jacques Lefebvre, d’avoir mis les choses en place pour que ce patrimoine survive alors qu’il était à l’abandon.

Le site bénéficiera d'une nouvelle signalisation (photo Fab.)

Il est le signe d’un travail formidable effectué par Daisy, Karima, Alain et les autres, derrières les murs de ce site désormais mondialement exceptionnel. Et il est pour tous ces gens qui y habitent, un signe de reconnaissance, d’un besoin immanent de se sentir appréciés, de figurer parmi les héritiers d’une époque faste, industrielle, une période de révolutions à de multiples niveaux. Il est le signe que les petites gens sont capables de grandes choses. Et que l’on peut aussi arriver, à notre petite échelle, à changer le monde, à le marquer autrement que par la violence et la haine.
Et ça, ça vaut toutes les Merveilles du monde.

Fab.

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2 responses to “Toutes les merveilles du monde

  1. Juste pour rectifier: Le carnaval de Binche est bien reconnu par l’unesco mais depuis 2003 et non 2008.

    • Vous avez tout-à-fait raison Jean-baptise. Mais en réalité, les deux sont bons. Si vous cliquez sur le lien, vous constaterez – j’ai dû m’y reprendre à deux fois, pensant que j’avais mal lu – que si la date de proclamation originelle est bien 2003, la date d’inscription officielle du Carnaval de Binche sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco est bien 2008. Bien à vous.

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